Pourquoi je joue

Cinquième d’une famille de six enfants, aussi loin que je me souvienne j’ai toujours joué. Monopoly et Cluedo naturellement mais j’ai surtout le souvenir de parties de Long cours et d’Ascott. Deux jeux avec un superbe matériel et j’aimais particulièrement « Ascot » avec son plateau à deux faces : une partie entrainement des chevaux et une partie pour la course. Puis j’ai le souvenir de nombreuses parties de cartes. Notamment le Gin Rami. Plus tard, habitant à Paris, je fréquente plusieurs boutiques spécialisées dans les jeux que l’on ne trouvent pas dans le circuit traditionnel. Jeux Descartes, L’Oeuf cube, Jeux thèmes, et un magasin, dont le nom m’échappe au moment où j’écris cela, qui vendait les figurines et les jeux Games Workshop. Je lisais avec curiosité une rubrique dans le magazine « Science & vie » consacré aux jeux de sociétés. En 1974 un ami avec lequel je jouais régulièrement me parle d’un nouveau jeu, sans gagnant ni perdant ! Très intrigué par ce nouveau concept, je file à L’oeuf cube acheter ce nouveau jeu. Son nom: « Dungeons and Dragons ». Première surprise : une grosse boite avec pas grand chose dedans. Un livre de règles, un module d’aventure, une série de dés bizarre. Le tout en anglais. Le désir de jouer étant le plus fort, je décide de tout traduire alors que je ne parle quasiment pas cette langue. Je me revois sur la table de la cuisine de ma maman, le stylo à la main avec le livre de règles et un gros dictionnaire anglais-français. Finalement je m’en sors avec quelques contre-sens mais cela nous permet de jouer. Et là, nous allons jouer… Je ne ferai que quelques parties en tant que joueur car, de fait, c’est moi qui connais le mieux les règles. Et j’adore « masteriser ». Je vais très vite, même si j’achète plein de modules, écrire mes propres histoires.

En janvier 1980 la revue « Science et vie » lance, ce qui est au début appelé un supplément, le magazine « Jeux & stratégie ». D’emblée je suis emballé par cette revue. Des analyses de jeux, des problèmes de jeux classique et surtout, ce qui me plaît le plus, un jeu en encart. Pour ce premier numéro un wargame (fallait oser) : « La guerre des Ducs ». À propos de wargame, le premier auquel j’ai joué était « Kroll & Prumni » de la société International Team. Notre première partie à durée 7 heures et nous ne l’avons pas terminée ! De façon amusante, « Jeux & stratégie » l’a mis en couverture de son deuxième numéro. Quelques mois plus tard, en avril 1980, paraît le journal « Casus belli »qui était centré jeux de rôles et wargames. J’ai également acheté tous les numéros de « Runes » lancé en janvier 1983 et « Graal » dont le premier numéro paraît en 1987.

Au fil du temps je continue à jouer à « Dungeons and dragons » puis à « ADD » dont j’achète les premiers livres lors de vacances en angleterre. J’essaierai aussi d’autres jeux comme « Runequest », « Call of Cthulhu », « James Bond », « Star wars »… Côté wargames, ce sont les jeux des sociétés « SPI », « Avalon hill », « Victoty games » qui remplissent mes étagères. « Games Workshop », « Ravensburger », « West end games », « Mayfair games », « Milton Bradley », « Eon », « Yaquinto » complètent pour les jeux de sociétés.

C’est grâce au magasin « Oya » que je découvre réellement l’étendue de la production allemande. J’ai l’occasion de me rendre en Autriche où je découvre une quantité impressionnante de jeux dans les grands magasins. Un ami, suite à une période passée aux États Unis pour ses études, me parle d’un jeu qui venait de sortir. « Il a l’air très bien mais je n’en ai pas acheté car c’était trop cher » me dit-il. Il s’agissait de « Magic, the gathering ».

Le hasard aidant, j’ai pu joindre l’utile à l’agréable en travaillant pour des magasins de jeux. Dans l’ordre chronologique : « Jeux Descartes » au 40 rue des écoles dans le 5ème arrondissement de Paris; « Game’s » dans le centre commercial du Forum des Halles et « Le monde des jeux » Boulevard Brune toujours à Paris. Bien plus tard, j’ai ouvert ma propre boutique « Des jeux et des joueurs » cette fois-ci en Bourgogne.

Pour en revenir à « Magic », je travaillais chez « Game’s » lorsque le jeu est sorti (1993). J’en avais entendu parlé mais j’ignorais de quoi il s’agissait. Un jour, deux clientes américaines viennent chez « Game’s » et achètent « In nomine satanis ». Puis elles me demandent si je connais « Magic, the gathering ». Je leurs réponds que j’en ai entendu parlé mais c’est tout. L’une des deux ouvre son sac et me donne un paquet de cartes et deux autres paquets plus petit. J’apprendrais plus tard que l’on appelait cela respectivement « Starter » et « Booster ». « Nous sommes de la société « Wizards of the coast » et nous vous les offrons ». Rentré chez moi j’ouvre le tout et je ne comprends pas car le bord des cartes est blanc dans le gros paquet et noir dans les deux petits. Il s’avère que les boosters sont de l’édition Alpha de « Magic »!

Finalement « Game’s » va vendre le jeu et je vais me mettre à y jouer régulièrement même si je ne tomberai jamais dans la folie que j’ai vu en tant que vendeur. Cependant, un peu comme le reste, je vais essayer pas mal d’autres jeux qui sortent. Car devant le succès de celui-ci, tout le monde s’y met. Et il y aura beaucoup, beaucoup de cadavres.

Lors de mon séjour en Autriche, mon meilleur ami m’offre, pour mon anniversaire, la boite « International Collector » de « Magic, the gathering ». Il s’agit d’une boite regroupant l’intégralité des cartes de la première édition avec le « Black lotus », les « Mox », etc.

Depuis, je n’ai jamais cesser de jouer.  Jamais je n’aurai imaginé, bien des années plus tard, jouer à « Talisman », « Cosmic encounter », « Magic, the gathering », etc. avec mes enfants.

Évidemment aujourd’hui il y a les consoles de jeux, les téléphones mobiles et les ordinateurs mais rien ne remplacera les jeux de sociétés.

Le plaisir de partager des moments tous ensemble me plaît toujours autant et c’est ce plaisir que je souhaite partager avec vous ici.

One Response to Pourquoi je joue

  1. Provence dit :

    Extraordinaire, nous devons avoir à peu prés le même âge (+ de 50) parce que j’ai vécu un peu le même parcours ludique ! le fameux spécial jeux de société science et vie, puis jeux et strat, casus belli (trop bien) et ad et d… même la boite du « Long cours » est identique à celle que j’avais.
    Actuellement je suis toujours joueur, j’ai joins aussi le jeu de figurine (DBA, DBM, L’art de la guerre, Mousquet et Tomahawk…) à ma palette, bientôt va sortir le nouvel opus du jeu de rôle « starwars » et mes gosses et mon épouse ont le même virus (ouf sauvé !!).

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